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mercredi 20 avril 2011

Procès Barbie

" Archives historiques de la justice "

Conférence de presse hier en mairie de Lyon DR
Aujourd'hui sort un coffret de 6 DVD du procès de Klaus Barbie qui s'est tenu à Lyon du 11 mai au 4 juillet 1987. Je me souviens avec exactitude de ces huit semaines au cours desquelles notre Cité vécut au rythme de ce procès qui fit découvrir au monde entier les actes de barbarie commis dans notre région par le boucher de Lyon. Procès historique puisque le premier organisé en France pour juger des crimes contre l'humanité. Evelyne Haguenauer, mon adjointe à la mémoire, accueillait hier en mairie Dominique Missika et Philippe Truffault, auteurs de ce document réalisé à partir des vidéos d'archives enregistrées à l'époque grâce à une loi proposée par mon ami Robert Badinter.

lundi 3 septembre 2007

Libération de Lyon : 63 ans, jour pour jour…


Depuis quelques jours vous avez peut-être remarqué un peu partout
dans la ville des affiches rendant hommage aux Résistants

Visibles jusqu’au 6 septembre dans tous les quartiers ainsi que dans les écoles et mairies d’arrondissements, ces visages appartiennent à vingt-deux femmes et hommes de tous âges, de toutes conditions, de toutes religions, de toutes opinions politiques qui ont sacrifié leur vie dans le combat contre le nazisme, le combat pour notre liberté. Vingt-deux Résistants dont le sacrifice a permis la Libération de notre pays et bien évidemment celle de Lyon, le 3 septembre 1944.

Si je consacre aujourd’hui le 100ème billet de mon blog (déjà !) à cette opération, c’est parce que j’accorde une très grande importance à la célébration de la mémoire de la Résistance dans notre Cité, mais aussi parce que je partage l’inquiétude de beaucoup concernant la désaffection croissante des jeunes générations à l’égard des cérémonies officielles. A travers cette exposition organisée avec l’association « Mémoire et photographie », nous avons souhaité porter le message du souvenir au plus près de la vie des Lyonnais.

En cette journée de commémoration du 63e anniversaire de la fin de l’occupation allemande dans notre Cité, j’espère qu’une telle initiative interpellera les consciences, et suscitera la curiosité des plus jeunes concernant l’histoire de la Seconde Guerre Mondiale et les faits qui se sont produits à Lyon, capitale de la Résistance.

mercredi 4 juillet 2007

Procès Barbie : 20 ans après

J'ai participé hier à la commémoration du 20e anniversaire du Procès de Barbie à Lyon

Un moment fort d'émotion et de recueillement. En début d'après-midi j'ai accueilli à l'Hôtel de Ville une table-ronde autour des acteurs du procès. Avec Robert Badinter nous sommes ensuite allé au Palais de Justice des 24 colonnes où nous avons dévoilé, au nom du Crif Rhône-Alpes, une plaque en souvenir de ce procès historique, le premier en France intenté pour Crime contre l'Humanité. Nous avons enfin rappelé notre détermination à mener ensemble le combat pour la mémoire des victimes de la barbarie nazie et le souvenir de la Shoah.

lundi 30 avril 2007

Journée Nationale du Souvenir

Hier, en fin de matinée, s'est tenue la cérémonie du 62e anniversaire de la Journée Nationale du Souvenir des victimes et des héros de la déportation, un moment d'une rare émotion.Voici le discours que j'ai prononcé à cette occasion. Bonne lecture.

«Ils peuplent ma mémoire de leur présence sans visage» écrivait Primo Levi au sujet de tous les déportés, de tous les disparus du monde concentrationnaire. Le témoignage de ce Résistant juif, interné dans un camp du Nord de l'Italie, puis déporté le 22 février 1944 à Auschwitz, fut un des tout premiers à révéler au monde l'horreur des camps de concentration.

Le Centre d'Histoire de la Résistance et de la Déportation a décidé de rendre hommage à ce grand témoin de l'histoire en lui consacrant une exposition importante que je vous invite à découvrir.Dès son arrivée à Auschwitz, Primo Levi fut affecté à l'usine chimique d'IG Farben, appelée «usine de la mort» par les prisonniers, tant les conditions de travail y étaient inhumaines.

Dès les premiers jours, l'idée de témoigner lui vint à l'esprit. Comme si, dans la plus profonde noirceur des camps, l'écriture représentait un ultime signe d'espoir, même le plus infime, auquel se raccrocher.Par ses nombreux écrits et ses multiples interventions dans la presse, dans les journaux, dans les débats télévisés, dans les écoles et dans les universités, Primo Levi est l'un de ceux qui a le plus contribué à la prise de conscience dans le monde de ce que fut la Shoah.

Le 11 avril 1987, Primo Levi se donna la mort, comme si le cauchemar qui le hantait était devenu définitivement trop lourd pour lui. Cette soudaine disparition entraîna une immense émotion. Cette fin tragique fut ressentie d'autant plus fortement en cette période, que le monde commençait à s'intéresser à la Shoah et à la déportation comme jamais il ne l'avait fait auparavant. Comme si, finalement, il avait fallu laisser passer près de quarante années avant que l'humanité ne puisse regarder en face la réalité des persécutions nazies, des déportations, du génocide des Juifs d'Europe.

Le 60e anniversaire de la Libération des camps, que nous célébrions ici même il y a deux ans, a été l'occasion de rappeler partout dans le monde ce trou noir, dans l'histoire de notre Humanité, qu'a été l'extermination de plus de 6 millions de Juifs, parmi lesquels 1.2 millions d'enfants. Il faut rappeler que dans cette folie meurtrière furent aussi emportés près d'un demi-million de Rom, près de 250.000 handicapés, ainsi que des milliers d'opposants au régime hitlérien, d'intellectuels et d'homosexuels, tous ceux que les nazis accusaient d'être nés avec un critère génétique discriminant.

Par son ampleur, par son caractère industriel et rationalisé, cet assassinat de masse, perpétré au nom des pires théories racistes, fut d'une forme jusqu'alors inconnue en Europe et dans l'histoire du monde. «Jamais je n'oublierai», nous dit Elie Wiesel. « Jamais je n'oublierai cette fumée. Jamais je n'oublierai les petits visages des enfants dont j'avais vu les corps se transformer en volutes sous un azur muet. Jamais je n'oublierai ces flammes qui consumèrent pour toujours ma foi. Jamais je n'oublierai ce silence nocturne qui m'a privé pour l'éternité du désir de vivre. »

C'est bien en mémoire de toutes les victimes des crimes nazis que chaque année, à Lyon comme dans toutes les villes de France, nous célébrons la Journée Nationale du Souvenir des Victimes et des Héros de la Déportation. En mémoire de tous ces morts sans sépulture dont la cendre est pour toujours mêlée à la terre. En mémoire des 76.000 Juifs de France, dont plus de 11.000 enfants, et des 3.000 Résistants qui furent déportés dans les camps. A peine 3.500 survécurent aux violences, aux persécutions, aux maladies ou à l'extermination pure et simple dans les chambres à gaz et les fours crématoires.

C'est en mémoire de toutes les victimes de l'Holocauste que les Nations Unies ont décrété, l'année dernière, la date du 27 janvier comme Journée Internationale de Commémoration.Par cette décision, la communauté internationale voulait signifier que le devoir de mémoire est non seulement une exigence morale absolue, mais que c'est aussi l'instrument de lutte le plus efficace contre tous les négateurs et falsificateurs de l'histoire. L'instrument le plus efficace contre tous ceux qui osent encore prétendre à la face du monde que tout cela n'a jamais existé ou que tout cela, finalement, n'était pas aussi inhumain qu'on veut bien nous le dire. L'instrument le plus efficace contre tous ceux qui nient l'absolue barbarie du régime nazi.

Bien évidemment, ces cérémonies ont cette année pour nous un sens particulier, puisque notre Cité s'apprête à célébrer dans les prochaines semaines le 20e anniversaire du procès de Klaus Barbie qui s'ouvrit le 11 mai 1987 au palais de justice de Lyon et qui fut le premier organisé en France pour juger des crimes commis contre l'humanité.Cet anniversaire sera pour nous l'occasion de revenir sur les exactions commises dans notre région et sur les témoignages bouleversants des victimes venus témoigner à la barre : Résistants, déportés, rescapés et leurs familles.De revenir, également, sur les charges retenues contre celui qui fut surnommé le boucher de Lyon et qui fut jugé coupable : coupable d'avoir mené une lutte sans merci contre les résistants, coupable d'avoir arrêté, torturé et fait disparaître Jean Moulin, coupable de la rafle, le 9 février 1943, de 84 personnes dans les locaux de l'UGIF rue Sainte-Catherine. Coupable de la rafle, le 6 avril 1944, de 44 enfants et des 7 adultes de la colonie d'Izieu.Coupable de la déportation, par le dernier convoi parti de Lyon le 11 août 1944 de plus de 600 détenus des prisons de Montluc, Saint-Paul et Saint-Joseph.

L'anniversaire de ce procès historique sera aussi un moment d'échanges et de réflexion entre des personnalités éminentes sur des questions aussi fondamentales pour l'avenir que le rôle et la place de la justice internationale de la prévention et de la répression des crimes contre l'humanité et des génocides. Je crois, au fond, que c'est là la vocation profonde de notre Cité qui fut, tout à la fois, une ville martyre et un haut lieu de la Résistance.

De cette ville où se sont unies, aux pires heures de l'occupation toutes les grandes familles de la Résistance, de cette ville qui porte en elle la mémoire vive de Jean Moulin, la mémoire de Lucie Aubrac, hélas décédée dans la soirée du 14 mars dernier, à l'âge de 94 ans.

Grande héroïne de la Résistance, cette femme au courage exceptionnel était une des plus ferventes militantes du devoir de mémoire dans notre pays. Avec sa disparition, c'est la Nation tout entière qui perd l'une de ses plus hautes consciences morales. Notre Cité perd aussi l?une de ses figures les plus marquantes qui, toute sa vie, a incarné l'esprit de la Résistance. Ces dernières années elle continuait avec son époux Raymond de mener le combat contre tout ce qui lui semblait porter les germes de l'injustice ou du déshonneur.A l'occasion de l'anniversaire de l'adoption du programme du Conseil National de la Résistance, elle fut du nombre de ces Anciens Combattants et Résistants qui appelèrent notre pays à retrouver l'esprit de courage, d'audace, d'innovation, de solidarité et de justice sociale qu'était celui de la Résistance, persuadée que c'était du chômage, de la déliquescence sociale allemande qu'avait pu naître un régime aussi totalement barbare et inhumain que le régime nazi, pensant surtout que les mêmes causes pouvaient demain produire encore les mêmes effets.

Récemment, je l'avais accueillie dans notre ville où elle était venue avec Robert Badinter à Lyon rencontrer des jeunes du lycée Ampère dans le cadre du 60e anniversaire de la Libération des camps. Inlassablement, jusqu'au soir de sa vie, Lucie Aubrac avait ainsi tenu à transmettre cette flamme de la Résistance avec ce message qu'elle avait chevillé au corps :

« Même face aux situations les plus désespérées - disait-elle - l'espoir est toujours au bout du chemin. » Sa générosité, sa profonde humanité et son insatiable soif de justice, doivent continuer de nous guider. La voix de Lucie Aubrac ne doit pas s'éteindre et son exemple, ne jamais cesser de nous inspirer. Car, et ceux qui étaient présents avec nous à Yad Vashem ont pu le constater, c'était le sens des messages de l'historien qui nous guidait, c'est à partir de glissements, de petites lâchetés, de petites concessions que dérive progressivement une société tout entière.Lorsque l'on cesse de penser, selon le mot de Jules Michelet que : « Chaque homme est une Humanité. Chaque homme est une histoire universelle »... Quelle que soit sa condition, quelle que soit son origine, alors guette à nouveau la barbarie. Faisons en sorte, nous le devons à tous ceux qui ont disparus, qu'elle ne rejaillisse plus jamais en France et en Europe.

jeudi 26 avril 2007

« Nous sommes tous des Arméniens ! »

Le 24 avril nous avons célébré le 92e anniversaire du génocide des Arméniens de 1915. Voici le discours que j'ai prononcé lors de cette commémoration qui marquait aussi le premier anniversaire du Mémorial Lyonnais du Génocide des Arméniens place Antonin Poncet.
Bonne lecture à tous.


« Nous sommes tous des Arméniens ! »


Tel était le message inscrit sur les pancartes portées à bout de bras par plus de cent mille personnes, Turcs et Arméniens réunis, défilant en silence dans les rues d'Istanbul, le 23 janvier dernier. Quatre jours auparavant, le 19 janvier 2007, le journaliste turc d'origine arménienne, Hrant Dink, était assassiné parce qu'il menait le combat pour que soit reconnue comme génocide l'extermination organisée et planifiée d'1,5 millions d'Arméniens entre 1915 et 1917.


Je sais à quel point les Lyonnais d'origine arménienne, le peuple d'Arménie et celui de la diaspora toute entière, l'ensemble des défenseurs de la cause arménienne et des Droits de l'Homme ont été meurtris au plus profond d'eux-mêmes par cet assassinat. Dans le monde entier, ce meurtre d'une brutalité inqualifiable a soulevé une vague immense d'indignation et de solidarité ; dans le monde entier, des femmes et des hommes ont simplement répondu à la haine de l'Autre en affirmant : « Nous sommes tous des Arméniens ! »


Ce jour-là, des femmes et des hommes de toutes les nationalités, de toutes les religions, de toutes les cultures et de toutes les opinions se sont reconnus dans les valeurs incarnées par Hrant Dink et son combat. Ce jour là, chacun a compris, que le combat pour la reconnaissance du Génocide des Arméniens était un combat pour l'Humanité tout entière. C'est pour cela que ce jour-là, chacun s'est senti blessé dans son humanité ; que ce jour-là, chacun s'est senti arménien.


Mais malgré l'émotion et la tristesse, c'est aussi un nouvel espoir en l'avenir qui s'est levé parce que ce jour là la promesse a été faite, devant le monde entier, que le combat pour la vérité, pour la mémoire et pour la justice se poursuivrait sans relâche.Istanbul s'est souvenu de Constantinople, cette capitale de l'Empire Ottoman où, dans la nuit du samedi 24 avril 1915, des centaines d'intellectuels, de religieux, d'enseignants et de responsables politiques arméniens furent arrêtés, puis déportés et assassinés sans jugement. Alors aujourd'hui, en cette journée solennelle de commémoration du 92e anniversaire du 24 avril 1915 qui marque le début du Génocide des Arméniens, je tenais à ce que nous promettions, à notre tour, de poursuivre le combat pour la reconnaissance. Ici même, à Lyon, nous savons bien qu'il faut se battre avec ténacité pour que la mémoire du peuple arménien et la mémoire du génocide ne soient pas ensevelies par l'indifférence, la lâcheté, l'hypocrisie ou la négation.


Nous le savons parce que lorsque nous avons voulu bâtir ce Mémorial Lyonnais du Génocide des Arméniens, nous avons été quelques-uns à nous sentir bien seuls face aux attaques et aux calomnies de ceux qui n'en voulaient pas. Nous le savons aussi parce qu'aujourd'hui, dans notre pays, la voix de ceux qui demandent la pénalisation de la négation du génocide des Arméniens, est trop souvent recouverte par ceux qui fustigent à longueur de temps l'idée même de toute repentance à l'égard des crimes commis dans le passé.Or, celui qui ne voit dans la reconnaissance de la vérité historique que l'esprit de la revanche ou le vent de la discorde est incapable de percevoir que la seule voie pour bâtir l'avenir est celle d'un dialogue sincère basé sur une véritable volonté de compréhension.Le vrai courage, c'est de s'engager avec fidélité et constance dans cette voie difficile, et non pas de tirer un trait sur un passé odieux qu'on voudrait progressivement faire sortir des mémoires.


Le vrai courage, c'est de faire des lois pour punir les négationnistes, et non pas de vouloir réécrire l'histoire pour effacer le sang et les souffrances de centaines de milliers de femmes, d'hommes et d'enfants.Car quand l'inacceptable se produit, comme c'est aujourd'hui par exemple, le cas au Darfour, on ne peut pas se contenter de « laisser passer l'orage » pour reprendre l'expression de Jean Jaurès qui le 22 février 1897 fustigeait les députés français peu désireux de s'engager dans une action qui aurait pu sauver les Arméniens du Génocide annoncé.


« Ne pas laisser passer l'orage en fermant les yeux sur ce qui dérange» c'est ce que nous avons voulu faire en érigeant ce Mémorial arménien qui est aussi celui de la défense des Droits de l'Homme, du souvenir des crimes contre l'Humanité et de la prévention des génocides.


Ce Mémorial est dressé comme un signal pour que nous ne cessions jamais de nous souvenir, mais aussi de nous inquiéter du temps présent, de nous préoccuper du sort de celles et de ceux qui de par le monde sont persécutés, et de nous interroger sur l'avenir :Quel avenir pour une humanité qui ne reconnaîtrait pas les génocides ? Quel avenir pour une nation qui refuserait de regarder les zones d'ombre de son histoire, et d'en tirer les leçons ? Quel avenir pour des enfants nés dans un monde qui resterait sourd, aveugle et indifférent à l'extermination de peuple entier ? Quel avenir dans un monde qui deviendrait amnésique, sans valeurs et sans mémoire ?


A coup sur, c'est la flamme toujours vacillante de l'humanité qui de deviendrait encore plus faible ! Car avec la volonté de nier la mémoire, s'effacerait aussi l'espoir d'une réconciliation et d'une paix juste entre les peuples. Et le pire pourrait recommencer. C'est pour contribuer à éviter cela que se dresse désormais au coeur même de la Cité, ce monument comme un rempart contre l'oubli et l'indifférence. Nous l'avons fait, afin que ne se reproduise plus l'histoire racontée par Fethye Cetin, militante des droits de l'homme, avocate et amie de Hrant Dink qui dans son ouvrage « Le Livre de ma Grand-Mère», devenu best-seller en Turquie, raconte comment elle n'avait découverte qu'à la mort de cette grand-mère que celle-ci était d'origine arménienne.


Cette vieille dame Heranus Gadarian avait vu, petite fille, l'ensemble de sa famille assassiné. On lui avait donné une nouvelle famille, un nouveau nom. Elle oublia sa langue, sa religion, on lui apprit une nouvelle langue, on lui donna une nouvelle religion. Mais elle n'avait jamais oublié la barbarie vécue dans son enfance et elle répétait toujours à sa petite fille cette phrase dont celle-ci ne comprit le sens qu'à la veille de sa disparition lorsqu'elle lui eut tout révélé : « Ce n'est pas des morts qu'il faut avoir peur mais des vivants ».


Lorsque sa grand-mère mourût, Fethye Cetin fit publier cette annonce dans le journal « Agos » que dirigeait Hrant Dink : nous avons perdu ma grand-mère Heranus et l'avons vu rejoindre l'éternité. Nous espérons que cette annonce nous aidera à retrouver nos parents, afin de partager la douleur et de dire ensemble.


« Que ces jours s'en aillent et qu'ils ne reviennent plus jamais ». Par notre présence, nous aussi aujourd'hui, près de ce monument nous voulons réaffirmer solennellement : «Tor aïss orére yertane, yev penav tche vératarnane» «Que ces jours s'en aillent et qu'ils ne reviennent plus jamais».

vendredi 6 avril 2007

Il faut aller à la Maison d'Izieu


J'étais ce matin à la commémoration de la rafle des 44 enfants et des 7 adultes de la colonie d'Izieu.
Des collégiens de l'Essonne et des jeunes Européens étaient présents. Ils ont évoqué avec beaucoup de force et d'émotion les noms de chacune des victimes. Leur témoignage nous a rappelé l'ignominie de cette rafle perpétrée au matin du 6 avril 1944, par la gestapo de Lyon et son chef Klaus Barbie.
Souvenons-nous que seule une adulte, Léa Feldblum, survécut et que les enfants furent tous exterminés dès leur arrivée au camp d?Auschwitz. Il faut visiter cette maison où pendant la guerre plus de cent enfants juifs furent accueillis par Sabine et Miron Zlatin. Il faut voir la beauté de ces bâtiments de vieilles pierres qui dominent le Rhône dans un superbe écrin de verdure. Et il faut imaginer qu'en ces lieux magnifiques où ils se croyaient hors de danger et espéraient au plus profond de leur coeur la fin de la guerre, ces enfants furent raflés, déportés puis massacrés parce qu'ils étaient juifs.
Il faut aller à la Maison d'Izieu.