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vendredi 24 avril 2009

Génocide des Arméniens



" Avec notre cœur, avec le peuple arménien, jusqu’à l’Ararat ! "


Voici le discours que je viens de prononcer devant le Mémorial lyonnais du Génocide des Arméniens de 1915, dont nous commémorons aujourd'hui le 94e anniversaire



" 24 avril 1915. Constantinople.

Le gouvernement Jeune-Turc organise le massacre de plusieurs centaines d’Arméniens.

Professeurs, avocats, intellectuels : en s’attaquant d’abord à l’élite arménienne, les autorités ottomanes entendaient décapiter une communauté tout entière.

Ainsi débuta, il y a 94 ans, le premier génocide du 20e siècle.

En Occident, et notamment en France, les plus grandes consciences de l’époque avaient tenté d’alerter l’opinion internationale du drame qu’elles sentaient venir.

C’est le grand Jaurès qui, en 1896, le 3 novembre, s’adresse aux représentants de la nation française en s’écriant : "Il faut sauver les Arméniens ! "

Au nom des valeurs universelles de paix, de justice, de droit, et dénonçant un processus qu’il pressent inexorable, il poursuit alors : « Messieurs, ce qui importe, ce qui est grave, ce n’est pas que la brute humaine se soit déchaînée là-bas, ce n’est pas qu’elle se soit éveillée. Ce qui est grave, c’est qu’elle ne s’est pas éveillée spontanément ; c’est qu’elle a été excitée, encouragée, nourrie des appétits les plus féroces par un gouvernement régulier avec lequel l’Europe a échangé plus d’une fois, gravement, sa signature. »

C’est une autre grande figure française, Charles Péguy qui, dès 1900, écrit : « Le massacre des Arméniens sur lequel je reviendrai toujours et qui dure encore n’est pas seulement le plus grand massacre de ce siècle ; mais il fut et il est sans doute le plus grand massacre des temps modernes ».


Ces appels, hélas, ne trouvèrent guère d’échos.

Et c’est à l’ombre de la Première Guerre Mondiale, que se réalisa le massacre des Arméniens.

Un génocide qui décima les deux tiers de la population arménienne d’Anatolie, avec ce bilan effroyable : 1.5 millions victimes !

Un génocide planifié et orchestré par un Etat au nationalisme exacerbé qui entendait en finir avec ce qu’il appelait la question arménienne.

C’est, en effet, sur ordre envoyé dans toutes les provinces par le ministre de l’intérieur, Talat Pacha, qu’au printemps 1915 se déroulèrent la déportation puis le massacre de tout un peuple.

Jetés sur les routes désertiques de Mésopotamie, en un milieu où personne ne pouvait survivre, des millions d’hommes, de femmes, d’enfants connurent un calvaire insupportable. A l’inhumanité des marches forcées s’ajoutèrent la famine, la maladie, les humiliations, les tortures et les viols.

« Je ne pense pas que dans toute l’histoire du monde, il y ait jamais eu un massacre aussi général et méthodique que celui qui a lieu dans cette région ou qu’un plan plus diabolique soit jamais sorti de l’esprit d’un homme ! » Tels furent les mots que le Consul américain adressa à son gouvernement pour raconter ce que de ses yeux, il avait pu voir en 1915.

Témoignage confirmé par les rapports d’enquête réalisés dès 1916 par le gouvernement britannique dans son « Livre Bleu sur le traitement des Arméniens dans l’Empire ottoman ».

Oui, depuis 1915, les faits étaient déjà connus de tous !

Pourtant, dès la parution du Livre Bleu, le gouvernement turc s’acharna à les contester, à travestir la réalité !

Un génocide venait de se perpétrer, mais il fallait le nier comme si, après avoir tué les vivants, on voulait supprimer jusqu’à la mémoire même de celles et de ceux qui en avaient été les victimes.


" Affirmer que Lyon serait une fois de plus, ville de résistance, contre toutes formes de négationnisme... "

C’est parce que Lyon a été le refuge de ceux qui survécurent, de ceux qui avaient été jetés sur les routes de l’exil, vos parents, vos grands-parents, à vous qui êtes ici, que la mémoire du génocide arménien est aussi profondément ancrée dans nos consciences et dans nos cœurs.

C’est elle qui nous a conduit à vouloir ériger, pour perpétuer le souvenir, cette œuvre forte, non dans un quartier périphérique, mais au centre de notre Cité, à l’endroit même où chaque jour bat le cœur de notre agglomération !

Pour que chacun se souvienne !

Pour que chacun médite !

Oui, nous avons voulu ce Mémorial pour que jamais l’oubli ne l’emporte.

Nous l’avons voulu pour affirmer que Lyon serait une fois de plus, ville de résistance, contre toutes formes de négationnisme, un négationnisme vis-à-vis du génocide arménien, qui devra bien un jour être sanctionné par la loi !

Cette tragédie de l’Histoire qui fut la vôtre, nous avons voulu la faire nôtre.

Oui nous avons voulu ce Mémorial en dépit des critiques, des pressions, des menaces, de toutes les voix qui s’élevaient alors pour protester contre son édification.

En l’installant, voici trois ans, au cœur de notre Cité, c’est le combat universel pour la mémoire et la vérité de l’Histoire que nous avons entendu affirmer, comme élément constitutif de l’identité même de notre ville.

Alors, je suis heureux qu’en ce jour du 24 avril, nous soyons si nombreux rassemblés. Tous ceux qui se retrouvent depuis les débuts mêmes de l’organisation de cette manifestation, en 1974, tous ceux, qui nous ont rejoints depuis et tous ceux qui nous rejoignent aujourd’hui.

La diversité de notre rassemblement – au-delà des frontières partisanes, politiques, religieuses, ou philosophiques – montre qu’à Lyon, nous avons déjà gagné ce combat pour la mémoire qu’avaient déjà engagé, en leur temps, Edouard Herriot ou Justin Godart.

Cette cause demeure pour nous, aujourd’hui encore, un enjeu majeur car il convient de la porter partout, et d’abord en Turquie.

Nous sommes de ceux qui pensent, en effet, que rien de nouveau ne pourra se construire sans que les autorités turques n’aient avancé sur le chemin de la vérité. Assumer l’histoire, ce n’est pas trier les faits. C’est en révéler les lumières, mais aussi, les zones d’ombres. C’est comme cela qu’une nation avance sur la voie du progrès et des libertés !

Que serait aujourd’hui l’Europe si, au lendemain même de l’holocauste, l’Allemagne n’avait pas reconnu ses crimes ? Jamais la réconciliation avec la France n’aurait pu voir le jour ! Jamais l’Europe n’aurait pu renaître et devenir cet espace de paix, de démocratie et de liberté.

L’acte de reconnaissance du génocide est le préalable aux relations que voudrait engager la Turquie avec ses voisins.

Aujourd’hui, peut-être, l’histoire commence à bouger, avec des signes qui sont pour nous porteurs d’espoir. Ce n’était qu’un match de football à Erevan, mais déjà la présence côte-à-côte, en septembre dernier, des Présidents turc et arménien, était un symbole fort.

De même qu’étaient fortes les paroles que Barack Obama a tenues au cours de sa campagne électorale, appelant la Turquie à reconnaître le génocide arménien. Ah ! Que nous aurions aimé qu’il les réitère lors de sa visite à Ankara !

A nous, donc, de poursuivre le combat pour que le gouvernement turc accepte enfin de reconnaître le passé, de reconnaître la réalité du génocide.

Nous devons le faire en martelant, encore et toujours que l’Europe, n’est pas seulement une zone de libre échange économique, mais qu’elle est d’abord fondée sur un socle de valeurs : la fraternité, la justice, la liberté, l’exigence de la mémoire !

Que l’adhésion à ces valeurs constitue un préalable pour tous ceux qui veulent intégrer l’Union Européenne. Car intégrer l’Europe, c’est intégrer son esprit, c’est intégrer ses valeurs !

L’histoire commence à bouger, disais-je, même si c’est parfois dans la douleur et la tragédie. Celle, par exemple, de l’assassinat du journaliste turc d’origine arménienne Hrant Dink à qui nous avons donné le nom d’une de nos rues.

Après ce crime odieux, Ahmet Insel, enseignant à l’Université francophone Galatasaray d’Istanbul, initia avec trois autres intellectuels turcs, en décembre 2008, une pétition adressée « aux frères et sœurs arméniens » pour la « Grande Catastrophe » de 1915.

Ils disaient : « la demande de pardon est devenue un besoin irrépressible. Pardon aux Arméniens d’aujourd’hui, à leur mémoire marquée de façon indélébile ; (…) pardon pour la poursuite obstinée de cette dénégation. »


" La Turquie ne doit plus passer à côté de son histoire... "

Par dizaines de milliers, des citoyens turcs ont signé cet appel, véritable promesse d’espoir pour l’avenir. Et, c’est peut-être de là, des profondeurs du peuple, que viendra la volonté de faire de la Turquie une nation qui ose enfin regarder son histoire !

Le monde change, les mentalités aussi ; les populations ne veulent plus être l’otage du passé ! Oui, la Turquie peut franchir des pas décisifs grâce à tous ceux qui se battent pour la liberté d’expression, à l’image de Hrant Dink, à l’image de Dogan Ozguden, qui nous fait l’honneur aujourd’hui de sa présence, et nous y sommes sensibles ; grâce à tous ceux qui, de l’intérieur ou de l’extérieur, mènent ce combat difficile pour la vérité et la liberté, fût-ce, au prix-même de leur vie.

Je forme le vœu que leur idéal se réalise.

Cela fera bientôt cent ans que le gouvernement Jeune-Turc prit la décision d’exterminer tout un peuple. Dans six ans, ce sera le centenaire du génocide.

Je forme le vœu, que dans six ans, la Turquie prenne elle-même l’initiative de procéder à une commémoration officielle du génocide. Elle ne peut plus laisser des millions d’hommes et de femmes amputés de leur mémoire, exilés depuis des générations.

La Turquie ne doit plus passer à côté de son histoire, l’histoire des Européens, l’histoire de l’Humanité !

Le nouveau cours du monde appelle cette évolution majeure.

Il faut travailler à construire les ponts, travailler ensemble, encore et encore, pour que le soleil se lève en Anatolie !

C’est là, l’espérance que nous devons porter, le serment qu’ensemble nous devons prêter : oui, dans six ans, c’est au pied du Mont Ararat, qu’il nous faudra pouvoir, officiellement, célébrer en Turquie la commémoration du centenaire du génocide arménien !

Sirrdov miassin Haïe Jorovourti ed Minschev Ararad ! "

(Avec notre cœur, ensemble, avec le peuple arménien, jusqu’à l’Ararat !)


Télécharger le discours au format Pdf : cliquer ici


mardi 29 janvier 2008

Droits de l'Homme


L’Arménie au cœur

J’étais hier soir au dîner annuel du Conseil de Coordination des organisations Arméniennes de France. Un moment d’amitié, de dialogue et de réflexion auquel je suis très attaché

En effet, la défense de la cause arménienne, et notamment le combat pour la reconnaissance du génocide de 1915 est pour moi un engagement de toute une vie. A cet égard, je dois dire que la construction du Mémorial Lyonnais du Génocide des Arméniens sur la place Antonin Poncet (photo), en avril 2006, a marqué une étape décisive dans ma vie de responsable politique et de citoyen.

Ce fut un acte fondamental dans le travail de vigilance que nous devons mener tous ensemble pour le respect des Droits de l’Homme, et la lutte contre toutes les formes de négationnisme. En cette année du 60e anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, mobilisons nous pour défendre la liberté d’expression et les droits fondamentaux partout à travers le monde.

C’est notamment ce que nous avons fait à Lyon, le 19 janvier dernier, en inaugurant une rue dans le nouveau quartier de La Confluence au nom de Hrant Dink, ce journaliste turc d’origine arménienne lâchement assassiné, il y a un an, en plein cœur d’Istanbul.


jeudi 26 avril 2007

« Nous sommes tous des Arméniens ! »

Le 24 avril nous avons célébré le 92e anniversaire du génocide des Arméniens de 1915. Voici le discours que j'ai prononcé lors de cette commémoration qui marquait aussi le premier anniversaire du Mémorial Lyonnais du Génocide des Arméniens place Antonin Poncet.
Bonne lecture à tous.


« Nous sommes tous des Arméniens ! »


Tel était le message inscrit sur les pancartes portées à bout de bras par plus de cent mille personnes, Turcs et Arméniens réunis, défilant en silence dans les rues d'Istanbul, le 23 janvier dernier. Quatre jours auparavant, le 19 janvier 2007, le journaliste turc d'origine arménienne, Hrant Dink, était assassiné parce qu'il menait le combat pour que soit reconnue comme génocide l'extermination organisée et planifiée d'1,5 millions d'Arméniens entre 1915 et 1917.


Je sais à quel point les Lyonnais d'origine arménienne, le peuple d'Arménie et celui de la diaspora toute entière, l'ensemble des défenseurs de la cause arménienne et des Droits de l'Homme ont été meurtris au plus profond d'eux-mêmes par cet assassinat. Dans le monde entier, ce meurtre d'une brutalité inqualifiable a soulevé une vague immense d'indignation et de solidarité ; dans le monde entier, des femmes et des hommes ont simplement répondu à la haine de l'Autre en affirmant : « Nous sommes tous des Arméniens ! »


Ce jour-là, des femmes et des hommes de toutes les nationalités, de toutes les religions, de toutes les cultures et de toutes les opinions se sont reconnus dans les valeurs incarnées par Hrant Dink et son combat. Ce jour là, chacun a compris, que le combat pour la reconnaissance du Génocide des Arméniens était un combat pour l'Humanité tout entière. C'est pour cela que ce jour-là, chacun s'est senti blessé dans son humanité ; que ce jour-là, chacun s'est senti arménien.


Mais malgré l'émotion et la tristesse, c'est aussi un nouvel espoir en l'avenir qui s'est levé parce que ce jour là la promesse a été faite, devant le monde entier, que le combat pour la vérité, pour la mémoire et pour la justice se poursuivrait sans relâche.Istanbul s'est souvenu de Constantinople, cette capitale de l'Empire Ottoman où, dans la nuit du samedi 24 avril 1915, des centaines d'intellectuels, de religieux, d'enseignants et de responsables politiques arméniens furent arrêtés, puis déportés et assassinés sans jugement. Alors aujourd'hui, en cette journée solennelle de commémoration du 92e anniversaire du 24 avril 1915 qui marque le début du Génocide des Arméniens, je tenais à ce que nous promettions, à notre tour, de poursuivre le combat pour la reconnaissance. Ici même, à Lyon, nous savons bien qu'il faut se battre avec ténacité pour que la mémoire du peuple arménien et la mémoire du génocide ne soient pas ensevelies par l'indifférence, la lâcheté, l'hypocrisie ou la négation.


Nous le savons parce que lorsque nous avons voulu bâtir ce Mémorial Lyonnais du Génocide des Arméniens, nous avons été quelques-uns à nous sentir bien seuls face aux attaques et aux calomnies de ceux qui n'en voulaient pas. Nous le savons aussi parce qu'aujourd'hui, dans notre pays, la voix de ceux qui demandent la pénalisation de la négation du génocide des Arméniens, est trop souvent recouverte par ceux qui fustigent à longueur de temps l'idée même de toute repentance à l'égard des crimes commis dans le passé.Or, celui qui ne voit dans la reconnaissance de la vérité historique que l'esprit de la revanche ou le vent de la discorde est incapable de percevoir que la seule voie pour bâtir l'avenir est celle d'un dialogue sincère basé sur une véritable volonté de compréhension.Le vrai courage, c'est de s'engager avec fidélité et constance dans cette voie difficile, et non pas de tirer un trait sur un passé odieux qu'on voudrait progressivement faire sortir des mémoires.


Le vrai courage, c'est de faire des lois pour punir les négationnistes, et non pas de vouloir réécrire l'histoire pour effacer le sang et les souffrances de centaines de milliers de femmes, d'hommes et d'enfants.Car quand l'inacceptable se produit, comme c'est aujourd'hui par exemple, le cas au Darfour, on ne peut pas se contenter de « laisser passer l'orage » pour reprendre l'expression de Jean Jaurès qui le 22 février 1897 fustigeait les députés français peu désireux de s'engager dans une action qui aurait pu sauver les Arméniens du Génocide annoncé.


« Ne pas laisser passer l'orage en fermant les yeux sur ce qui dérange» c'est ce que nous avons voulu faire en érigeant ce Mémorial arménien qui est aussi celui de la défense des Droits de l'Homme, du souvenir des crimes contre l'Humanité et de la prévention des génocides.


Ce Mémorial est dressé comme un signal pour que nous ne cessions jamais de nous souvenir, mais aussi de nous inquiéter du temps présent, de nous préoccuper du sort de celles et de ceux qui de par le monde sont persécutés, et de nous interroger sur l'avenir :Quel avenir pour une humanité qui ne reconnaîtrait pas les génocides ? Quel avenir pour une nation qui refuserait de regarder les zones d'ombre de son histoire, et d'en tirer les leçons ? Quel avenir pour des enfants nés dans un monde qui resterait sourd, aveugle et indifférent à l'extermination de peuple entier ? Quel avenir dans un monde qui deviendrait amnésique, sans valeurs et sans mémoire ?


A coup sur, c'est la flamme toujours vacillante de l'humanité qui de deviendrait encore plus faible ! Car avec la volonté de nier la mémoire, s'effacerait aussi l'espoir d'une réconciliation et d'une paix juste entre les peuples. Et le pire pourrait recommencer. C'est pour contribuer à éviter cela que se dresse désormais au coeur même de la Cité, ce monument comme un rempart contre l'oubli et l'indifférence. Nous l'avons fait, afin que ne se reproduise plus l'histoire racontée par Fethye Cetin, militante des droits de l'homme, avocate et amie de Hrant Dink qui dans son ouvrage « Le Livre de ma Grand-Mère», devenu best-seller en Turquie, raconte comment elle n'avait découverte qu'à la mort de cette grand-mère que celle-ci était d'origine arménienne.


Cette vieille dame Heranus Gadarian avait vu, petite fille, l'ensemble de sa famille assassiné. On lui avait donné une nouvelle famille, un nouveau nom. Elle oublia sa langue, sa religion, on lui apprit une nouvelle langue, on lui donna une nouvelle religion. Mais elle n'avait jamais oublié la barbarie vécue dans son enfance et elle répétait toujours à sa petite fille cette phrase dont celle-ci ne comprit le sens qu'à la veille de sa disparition lorsqu'elle lui eut tout révélé : « Ce n'est pas des morts qu'il faut avoir peur mais des vivants ».


Lorsque sa grand-mère mourût, Fethye Cetin fit publier cette annonce dans le journal « Agos » que dirigeait Hrant Dink : nous avons perdu ma grand-mère Heranus et l'avons vu rejoindre l'éternité. Nous espérons que cette annonce nous aidera à retrouver nos parents, afin de partager la douleur et de dire ensemble.


« Que ces jours s'en aillent et qu'ils ne reviennent plus jamais ». Par notre présence, nous aussi aujourd'hui, près de ce monument nous voulons réaffirmer solennellement : «Tor aïss orére yertane, yev penav tche vératarnane» «Que ces jours s'en aillent et qu'ils ne reviennent plus jamais».