mardi 13 février 2007

Quelques précisions sur un accord

Dans un souci de parfaite transparence, et pour répondre à certaines inquiétudes que vous avez exprimées sur ce blog, je souhaite revenir sur le sens et les termes du partenariat entre Lyon et Microsoft, signé le 1er février dernier.
Ce partenariat trouve son origine dans le Sommet mondial des villes et des pouvoirs locaux sur la société de l'information que j'ai organisé à Lyon en décembre 2003. Microsoft, qui était partenaire de ce sommet aux côtés d'autres grandes sociétés du secteur informatique (Sun, IBM) a souhaité aller plus loin et mettre en oeuvre des projets concrets pour répondre aux objectifs de la déclaration que nous avions adoptée.
Ce partenariat s'articule autour de trois grandes priorités de notre agglomération : l'innovation économique, la démocratisation des technologies de l'information au niveau local et l'action internationale. Il s'appuie sur une politique publique forte et originale que j'ai lancée dès 2001 (le programme lyonnais pour la société de l'information), il renforce et complète les potentiels de nos acteurs et il respecte la liberté de chacune des parties.
Dans cet accord, je tiens à préciser que le soutien de Microsoft repose essentiellement sur des ressources non financières, qu'il n'est pas basé sur une relation commerciale et qu'il ne comporte aucune exclusive.
Lyon reste donc libre dans ses choix technologiques comme en témoigne la diversité des applications informatiques qui cohabitent librement dans nos directions informatiques. Le principe du mieux-disant s'est toujours appliqué dans nos collectivités, d'un point de vue technique, sur le niveau du service offert, sur l'interopérabilité des systèmes et au niveau du coût « consolidé » des solutions retenues (licence, maintenance, formation, évolution). D'ailleurs, c'est ce principe du mieux disant qui explique le choix de deux solutions développées en standards ouverts pour les plates-formes des sites Internet de la ville et de la communauté urbaine (www.lyon.fr et www.grandlyon.com). Je tiens également à souligner que j'ai fait voter une délibération au conseil municipal dès 2003 pour que la communauté des développeurs puisse accéder librement aux codes sources de la plateforme Lyon.fr pour la réutiliser, l'améliorer ou en faire bénéficier d'autres villes. Enfin, j'ai récemment associé la Ville de Lyon à l'accueil de la plus grande conférence mondiale sur la bureautique libre, la célèbre « Open Office Conférence ».
Je suis donc pour ce que j'appelle une coexistence bénéfique des différents systèmes et modèles informatiques car je pense qu'une pluralité technologique est la meilleure garantie d'indépendance et de qualité de service pour nos concitoyens.
Ce partenariat, nous permet aujourd'hui de conforter l'excellence numérique de l'agglomération et de concrétiser tout une série de projets innovants dans les loisirs numériques, l'édition logicielle, la lutte contre l'exclusion numérique, l'éducation, l'e-administration, la solidarité internationale et la coopération européenne.

7 commentaires:

bob a dit…

Monsieur Collomb,



Vous aurez beau dire ce que vous voulez sur ce partenariat, le mal est fait. Microsoft est un acteur reconnu de l'informatique ayany pour réputation de fermer ses systèmes et ses logiciels et donc par conséquent d'empêcher toute interopérabilité avec d'autres systèmes (ouverts ou non).



Ce partenariat a fait couler beaucoup d'encre dans la blogoshpère lyonnaise du fait de la réputation de l'éditeur. Cela dit, malgré les démentis au sujet d'accords "commerciaux" ou "financier", je doute vraiment que Microsoft fasse ça seulement pour soutenir une juste cause sans arrière penser telles ques celle de placer des licences Windows dans tous les services administratifs du Grand Lyon... Mais bon.



C'est mon avis et celui de beaucoup d'adeptes et de contributeurs du monde Open Source. Malheureusement, ces contributeurs sont aussi souvent des blogueurs influents et de ce fait des électeurs potentiels pouvant toucher un certains nombre de lecteur en exprimant leurs idées sur la question...

henri f. a dit…

C'est fou l'image que véhicule bill Gates quand même. Il a signé le même type de partenarait avec Manchester et Barcelone. Et, personne ne s'en est plaint.

Comme le disait un autre bloggeur sur le billet précédent, il suffit de savoir lire pour ce rendre compte que, non, signer avec Microsoft ne signifie pas forcément, vendre son âme au diable.

Pour une fois qu'on reconnaît l'excellence numérique du territoire...

dominique reno a dit…

Louable effort d'explication! C'est plus clair comme cela et on comprend l'intérêt, outre médiatique, d'un tel partenariat qui, semble-t-il, a d'autre centre d'intérêt que la main-mise de Microsoft sur la ville de Lyon.

libertas a dit…

Je crois que l'anti-Bill gates primaire ressemble beaucoup à l'anti-américanisme primaire. Lyon n'est ni une capitale du libre (ca veut rien dire) comme le revendique fumeusement Paris (c'est du marketing politique complètement creux car ils ont rien fait sur ce sujet contrairement à Lyon) ni un supôt de Microsoft. Lyon est tout simplment une vrai leader sur le numérique qui attire à elle les plus gros comme le font Barcelone ou Manchester. C'est une bonne nouvelle pour Lyon !

e. a dit…

Comme vous l'écrivez, le partenariat signé avec Microsoft repose sur un appui technique et sur une expertise humaine. C'est la reconnaissance de l'excellence que Lyon a su bâtir autour des questions numériques et de l'industrie du jeu vidéo, et une nouvelle étape dans ce développement. Ce partenariat va notamment permettre de mettre le pied à l'étrier à des porteurs de projets de jeu vidéo. N'oublions pas comment est retombée la première bulle numérique ; les industries lyonnaises continuent de renforcer leurs positions.

gaby a dit…

Si la question de l'interopérabilité mérite d'être posée, et que Microsoft a tout à faire en la matière, Lyon ne va pour autant passer automatiquement tout son parc sous logiciels Microsoft avec ce partenariat. La ville doit passer par la procédure du code des marchés publics, qui interdit un tel arrangement.

Cette signature va dans le sens d'une meilleure égalité d'accès à l'informatique : en renforçant les moyens du fonds de solidarité numérique dont Lyon est l'un des initiateurs, et aussi en développant la solidarité à l'échelle de la ville. Je vous félicite d'avoir pris en compte tous ceux autour de nous qui n'ont pas accès à un ordinateur et à Internet, et qu'on oublie souvent.

rené a dit…

J'ai l'impression qu'on critique toujours ceux qui réussissent et qui proposent des visions originales. C'est très français. Lyon n'a pas à prendre partie dans la guerre commerciale libre / propriétaire ou US / commission européenne mais doit garder à l'esprit la défense de ses intérêts et de ses emplois dans le secteur IT. Que Bill Gates signe avec Lyon est un signe de bonne santé pour notre agglomération. Bravo !!