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samedi 4 avril 2009

Espace Martin Luther King


"
Et l’Amérique prit un autre visage... "


Voici le discours que j'ai prononcé ce matin, au parc de la Tête d'Or, après avoir dévoilé la plaque en l'honneur de Martin Luther King.

Bonne lecture à tous !



" C’est avec une profonde émotion qu’avec M. le Consul des Etats Unis d’Amérique, Harry Sullivan, avec le Pasteur John Wilson de l’Eglise Baptiste, avec Robert Vial, je viens de découvrir cette plaque gravée au nom de Martin Luther King.

Cette plaque marquera la création dans ce parc de la Tête d’Or, si symbolique de Lyon, d’un parcours de la paix où, année après année, nous souhaitons rendre hommage aux femmes et aux hommes dont la vie fut tout entière placée sous le signe de la paix. Ce parcours, nous l’avons initié il y a un an et demi en donnant, à ce que les Lyonnais connaissent familièrement comme l’Île aux Trois Ponts, le nom du Mahatma Gandhi.

Aujourd’hui, c’est la vie et le combat de Martin Luther King que nous entendons célébrer, pour manifester notre conviction que si "on a tué l’homme d’un rêve, le rêve lui n’est pas mort". Nous avons choisi symboliquement de le faire à côté du monument qu’avait voulu édifier Michel Noir et qu’il avait inauguré le 10 décembre 1989 à l’occasion du 41e anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.

Dans cette volonté d’alors, il y avait la certitude que Lyon n’est pas n’importe quelle ville mais que l’humanisme qui s’y est développé, l’esprit de la résistance qui l’a marquée, lui font obligation d’être partout présente là où il faut porter haut et fort les Droits de l’Homme.

C’est ce même esprit qui nous anime aujourd’hui !

Car cette volonté ardente de promouvoir les Droits de l’Homme, qui l’a incarnée plus que Martin Luther King ? Lui, dont le combat commença par le soutien à Rosa Parks, cette femme qui avait, pour la première fois, le 1er décembre 1955, refusé d’obéir aux injonctions d’un chauffeur de bus la sommant de céder sa place à un blanc !

Lui, dont le discours prononcé lors de la marche sur Washington le 28 août 1963 devant le mémorial d’Abraham Lincoln, retentit encore dans toutes les têtes et dans tous les cœurs ! Lui que le combat pour l’égalité, la dignité, allait porter chaque jour jusqu’à ce 4 avril 1968 où, après un dernier meeting, il allait tomber à Memphis, sous la balle d’un militant ségrégationniste !

Cette issue fatale, Martin Luther King l’a savait possible dans une Amérique où la violence et la haine contre les noirs pouvaient encore se donner libre cours. Mais il savait aussi que malgré tout, il lui fallait poursuivre son combat pour que les Etats-Unis redeviennent cette grande nation de la liberté qu’avaient voulue ses pères fondateurs.

Oui, il lui fallait se battre pour que les Droits de l’Homme deviennent aussi les droits de l’homme noir et tant pis si c’était au péril de sa vie.


Dans le discours prononcé à Memphis, la veille de son assassinat, il disait à la foule : "Comme tout le monde, je voudrais vivre longtemps. La longévité a son prix. Mais je ne m’en souci guère maintenant. J’ai regardé autour de moi. Et j’ai vu la terre promise. Il se peut que je n’y pénètre pas avec vous. Mais je veux vous faire savoir, ce soir, que notre peuple atteindra la terre promise".

Pour lui, cette Terre Promise, c’était une Amérique dans laquelle tous les hommes, quelles que soient leur race, leur origine, leur croyance, pourraient vivre en paix. Un siècle après l’abolition de l’esclavage, Martin Luther King voulait une liberté pleine et entière pour des millions d'afro-américains dont les droits civiques n’avaient jamais été respectés.

Son combat entendait briser les chaînes de la ségrégation, de la discrimination, de la pauvreté. C’était un combat pour la justice, pour l’égalité, pour la fraternité entre les Hommes. Cette cause, il entendait la faire progresser de manière pacifique ! Car pour lui, la cause des noirs, c’était aussi, c’était d’abord celle de l’Humanité tout entière. Et il entendait que puisse se lier dans un destin commun tout un peuple, par-delà les différences de couleur, de religion, de conviction.

En assassinant Martin Luther King, les tenants du ségrégationnisme entendaient éteindre cette flamme qu’il avait allumée dans le cœur de millions de femmes et d’hommes aux Etats-Unis. Ils ne firent que l’embraser.

Au lendemain de sa mort, la protestation fut immense, la colère si terrible que le New York Times titrait alors "L’assassinat du Pasteur King est un désastre national". Trois jours plus tard le Président Johnson proclamait le deuil national.

Et l’Amérique progressivement prit un autre visage. La cause des noirs pour laquelle Martin Luther King s’était battu progressa.
Et son combat, 40 ans après sa tragique disparition, a aujourd’hui trouvé son ultime consécration : l’élection par les Etats-Unis d’Amérique, d’un président noir. Une élection qui non seulement aux Etats-Unis, mais partout ailleurs a fait passer l’espoir d’un monde nouveau.

D’un monde, où la valeur d’une personne se mesurerait non à son rang social, à sa condition ou à ses croyances personnelles, mais à l’aune de son mérite, de son courage, de son engagement, de sa capacité à incarner l’intérêt général.

C’est là un message pour nous tous ! Comme le disait Martin Luther King, dans son discours devant le Lincoln Memorial : "L’heure est venue de prendre pied sur le roc solide de la fraternité. L’heure est venue de faire de la justice une réalité. » Now ! Maintenant, maintenant !

Et c’est donc à nous aujourd’hui de reprendre le combat.

Le combat contre toutes les formes d’exclusions, de discrimination, de racisme, contre toutes les formes d’intégrismes, de fanatismes, de fondamentalismes. Oui, nous le pensons avec Martin Luther King :

"Un jour viendra où l’on fera un soc de charrue avec les épées, où les nations ne se dresseront plus les unes contre les autres. Ce jour-là, le lion et l’agneau pourront se tenir l’un près de l’autre, sans s’effrayer."


C'était là les paroles, que Martin Luther King avait adressées le 29 mars 1966 aux Lyonnais venus l’écouter par milliers, à la Bourse du Travail.

C’est ce message de paix et d’espérance qu’entend exprimer ce Parcours inauguré en 2007 avec la stèle du Mahatma Gandhi.
C’est ce message que nous voulons reprendre aujourd’hui en donnant à cet espace le nom de Martin Luther King !

Et c’est avec beaucoup de respect et d’émotion que je voudrais citer les noms de Robert Vial, Pierre Lévy, Alban Vistel, Henri Ravouna, Jean-Pierre Lanvin, Georges Vermard, le Dr Charles Favre, Paul Eberhard, Jean Lasserre, ou bien celui que j’eus l’occasion de fréquenter à la Khâgne du Parc : Louis Thomas Achille.

Ce sont eux qui, voici 43 ans, ont permis la venue de Martin Luther King à Lyon. Cet espace, nous le devons à ces hommes. Nous le devons aussi à toutes celles et à tous ceux qui, aujourd’hui encore, militent anonymement pour que partout dans le monde puissent progresser les Droits de l’Homme.

They shall overcome some day !



Martin Luther King I have a dream (sous-titres français)



vendredi 26 octobre 2007

Alfred Ancel, figure du catholicisme social

Demain je dévoilerai une plaque en hommage à Monseigneur Alfred Ancel, une grande figure lyonnaise du catholicisme social

Alfred Ancel est né dans le confort d’une famille bourgeoise dont le nom à lui seul évoque un pan entier de la grande histoire industrielle de notre Cité : les usines de teinturerie en soie Vulliod-Ancel. Ancien élève des Chartreux, ce jeune patriote va vivre la Grande Guerre dans l’enfer des tranchées. Grièvement blessé, il reviendra à la vie avec au fond de lui une vocation profonde.

Après de brillantes études de théologie, ce jeune prêtre va alors rejoindre le séminaire du Prado, une communauté fondée au milieu du 19e siècle par le Père Antoine Chevrier dont l’action est toute entière tournée vers les plus pauvres. Alfred Ancel va donner un essor extraordinaire à cette grande famille spirituelle de notre Cité, la faisant rayonner aux quatre coins du monde.

Nommé évêque auxiliaire de Lyon après la nuit noire de la Seconde Guerre Mondiale, cet homme de foi va alors réaliser un parcours hors normes. Ouvert aux dialogue à l'égard de tous, il vécut avec une égale plénitude parmi les pauvres du Prado, enseigna la foi aux jeunes séminaristes des facultés catholiques, travailla à l’usine parmi les ouvriers de Gerland, contribua aux travaux du concile Vatican II, échangea avec des responsables politiques et des intellectuels de tous horizons.

En cela Monseigneur Ancel était l’héritier et le passeur d’une pensée sociale de l’église fortement ancrée dans la tradition lyonnaise. Une pensée qui a toujours recherché des solutions nouvelles pour construire un monde meilleur, d’égalité, de justice sociale, de solidarité, de fraternité et d’humanité.


jeudi 11 octobre 2007

Mort d'un visionnaire


Avec la mort de Roger Caille, Lyon perd un homme qui fut un de ses capitaines d'industrie les plus audacieux et un grand visionnaire. Pour ma part, je perds un ami

Roger Caille et moi avions sympathisé à l'époque où ce chef d'entreprise audacieux avait décidé de se lancer dans le mécénat sportif. Ce fut le d'abord le basket, un sport dans lequel il avait certes investi de son argent, comme sponsor de la Cro Lyon, mais aussi beaucoup de son énergie en montant Jet Basket.

Depuis ce temps-là, nous étions restés des amis. J'appréciais le sens de l'entrepreneuriat de ce patron hors normes. Un vrai humaniste qui aimait à rappeler ses origines modestes et dont j'avais su percevoir les très grandes qualités de cœur.

Jet Services, le groupe qu'il fonda en 1973, fut pionnier dans le transport express au service des entreprises. Le succès de cette aventure économique fit la fortune de Roger Caille qui avait un immense appétit pour tous les défis. Chacun a encore en tête les couleurs de Jet Services dans les plus grandes compétitions maritimes.

Depuis la revente de son entreprise en 1999, Roger Caille continuait à s'impliquer dans la vie de la Cité. Fondateur du Prisme, proche de plusieurs groupes de médias locaux et de la CCI de Lyon, il n'hésitait pas à donner ses conseils aux porteurs de projets nouveaux.

Certes, Roger Caille avait sa réputation. Celle d'un homme au caractère bien trempé, capable de pousser des coups de gueule légendaires ! Mais au fond, ceux qui comme moi ont eu la chance de le connaître, savent que c'était un personnage profondément humain qui aimait la vie.

Je connais bien sûr les liens extrêmement forts qui l'unissaient à sa femme et à ses enfants. Je pense à eux et à ses nombreux amis. Nous avons tous été bouleversés à l'annonce de son décès.


lundi 8 octobre 2007

Morts sans Toi(t)

Comme je le fais chaque année je participerai demain à la cérémonie des « Morts sans Toi(t) ». Un moment fort qui nous renvoie à notre propre humanité

Toute l’année le collectif « Morts sans Toi(t) » prend part aux funérailles des personnes seules ou démunies afin que dans notre ville nul ne soit inhumé dans l’isolement.

Lancé au printemps 2003 par le Conseil Lyonnais pour le Respect des Droits, ce mouvement citoyen a déjà permis d’honorer la mémoire de 320 personnes mortes dans le dénuement et la solitude. Je dois bien avouer qu’au début je n’avais pas tout à fait mesuré la valeur de cette démarche.

En fait, c’est en participant pour la première fois à une cérémonie des « Morts sans Toi(t) » à l’hôtel de ville, que j’ai été touché et pour tout dire, bouleversé, par cet engagement qui nous renvoie à notre propre humanité. Un message que je transmettrai demain à la quarantaine de bénévoles de ce collectif lyonnais dont l’action est un barrage dressé dans notre Cité contre l’oubli et l’indifférence.

Retrouvez toutes les informations sur le collectif Morts sans Toi(t) sur le site du CLRD.



mardi 25 septembre 2007

Annie Marula nous a quittés

J’ai appris la mort d’Annie Marula avec une immense tristesse vendredi dernier

Annie qui avait rejoint mes listes au moment des élections municipales en 1995 était sur le point d’achever son 2e mandat de conseillère d’arrondissement. Cette femme toujours discrète et attentive aux autres était connue pour son dévouement exemplaire et son sens profond de l’ouverture.

Militante engagée, elle s’appliquait à mettre en œuvre de façon concrète les valeurs d’équité, de solidarité et de justice sociale dans sa vie de tous les jours.

Je pense aujourd’hui à sa famille, à ses proches, à ses amis du Comité d’intérêt local Bellecombe et de la Ligue des Droits de l’Homme, ainsi qu’à ses collègues du conseil du 6e arrondissement. Un territoire qu’elle aimait et auquel elle consacrait toute son énergie.

mardi 28 août 2007

Lyon rend hommage à Raymond Barre

Par centaines les Lyonnaises et les Lyonnais ont rendu hommage à Raymond Barre dans les salons de l’Hôtel de Ville, lundi soir, en présence de son fils Olivier


samedi 25 août 2007

Raymond Barre est mort

Je viens d'apprendre avec émotion la mort de Raymond Barre pour qui j'avais plus que du respect, de l'affection. C'était évidement un grand homme d'Etat. Et comme un chacun, je salue ses qualités de lucidité et d'indépendance d'esprit

Mais pour moi, Raymond Barre c'était d'abord le Maire de Lyon, fonction qui l'avait transformé. Au fil des jours, et au travers de cette responsabilité, il avait découvert la proximité, la peine et le bonheur que peuvent rencontrer les habitants d'une ville, leurs difficultés aussi. Il y avait acquis une dimension profondément humaine. Il aimait cette ville de Lyon et au moment où j'étais moi même Maire du 9e arrondissement, alors en pleine transformation, il m'appelait souvent les samedis ou les dimanches matin, afin qu'ensemble, nous puissions faire visiter à ses hôtes étrangers les réalisations qui étaient en train de naître.

C'est dans ces moments privilégiés que j'ai découvert l'homme. Il était alors d'une grande profondeur et en même temps, d'une grande simplicité. Lyon lui doit sa métamorphose internationale. Il a lancé quelques grands chantiers qui ont classé notre Cité sur la trajectoire de réussite qu'elle connaît aujourd'hui. Je tiens à dire ma reconnaissance pour son action. Je voudrais aussi présenter mes condoléances à toute sa famille et en particulier à Madame Barre, dont j'avais pu percevoir tout l'amour qu'elle portait à son mari.

jeudi 28 juin 2007

L'hommage de Lyon à Charles et Christophe Mérieux

Hier j'ai dévoilé avec Alain Mérieux la plaque commémorative en hommage à Charles et Christophe Mérieux. Voici un court extrait de mon discours

" Il est dans la vie des moments intenses où tout un passé proche ou plus lointain vous revient en mémoire et où l'émotion vous submerge. Celui-ci qui nous voit attribuer à cette place nouvelle à l'entrée du technopôle de Gerland le nom de Charles et Christophe Mérieux en est un. Christophe nous manque, il manque à sa famille, il manque à la communauté scientifique lyonnaise, à la communauté des entrepreneurs. Il manque à Lyon. Cette place gravera dans nos mémoires son souvenir et celui de son grand-père Charles Mérieux, comme ils sont aujourd'hui gravés dans nos coeurs. Elle témoignera à l'entrée de ce technopôle de Gerland de ce que fut leur action, de ce que fut leur générosité, de ce que fut la profondeur de leur engagement humain. Ce sera aussi, je le pense, le lieu où Alexandre pourra puiser la force pour reprendre le flambeau et faire en sorte que le nom de Mérieux soit toujours associé à la vie et à l'histoire de Lyon. "