" Un défi considérable "
Vous avez été nombreux à me demander ce que je suis allé faire au Burkina Faso cette semaine. Depuis 1994, Lyon et Ouagadougou ont noué des relations d’échanges particulièrement fortes…
" Il n’y a rien de plus enthousiasmant que de bâtir une ville, que de répondre aux attentes de ses habitants... "
Une telle croissance, c’est évidemment un défi considérable pour mon ami Simon Compaoré et ses équipes. Et il faut beaucoup d’énergie pour répondre aux besoins des populations d’une ville comme Ouagadougou. Les enjeux liés à l’eau, aux énergies, à la santé publique, aux transports… Bref, tout ce qui concerne la gestion d’une grande ville au quotidien prend ici une dimension considérable. La tâche est donc difficile, mais elle est exaltante, car au fond, il n’y a rien de plus enthousiasmant que de bâtir une ville, que de répondre aux attentes de ses habitants.
De l’avis de tous, notre coopération avec Ouagadougou est exemplaire en cela qu’elle s’appuie d’abord sur des échanges entre des équipes de femmes et d’hommes passionnés. Bien évidemment, l’envoi de matériel réformé est un élément important de ce programme. Mais son efficacité réside d’abord sur les missions d’accompagnement, de formation, d’assistance aux services municipaux de Ouagadougou que nous menons.
Depuis quelques années, nous allons encore plus loin dans cette coopération qui a pris une forme nouvelle dans un esprit de co-développement. Le Centre International de Formation des Acteurs Locaux initié par la ville et le Grand Lyon en 2003 en est certainement une des plus belles réussites. Ce centre est aujourd’hui un espace d’échanges très actif entre élus et techniciens, non seulement de Ouagadougou, mais aussi de toutes les grandes villes d’Afrique francophones. Le CIFAL permet ainsi des coopérations "Sud-Sud" et des échanges d’expériences essentielles pour les villes du continent africain.
De même, à l’heure où les agences internationales reconnaissent de plus en plus la pertinence et l’efficacité des actions des collectivités territoriales pour répondre aux 8 objectifs du millénaire des Nations Unies, notre coopération permet à Ouagadougou d’accéder aujourd’hui à des financements importants.
Résultat : alors que l’aide directe du Grand Lyon est d’environ 50 000 euros par an, le montant global de notre coopération s’élève à près de 950 000 euros. En se situant sur de l’accompagnement à la maîtrise d’ouvrage communale, le Grand Lyon et la Ville de Lyon ont permis à Ouagadougou de mobiliser des financements internationaux importants.
Sans apport supplémentaire, en valorisant seulement notre expertise, nous avons pu ces dernières années obtenir des programmes essentiels pour Ouagadougou portant sur le traitement et la valorisation des déchets, la formation des personnels communaux ou encore la requalification urbaine du quartier Gounghin.
" Ce qui se passe à l’autre bout de la planète a des incidences directes partout ailleurs... "
Vous voyez, le temps semble loin où les relations internationales pour nos collectivités se résumaient à des jumelages et à des échanges bilatéraux de ville à ville. Aujourd’hui, nos programmes de coopération décentralisée s’appuient sur cette conviction que pays du Nord et du Sud vivent en interdépendance. Et que les uns ne peuvent continuer à se développer au détriment des autres, sans se préoccuper de leurs difficultés présentes.
Car dans un monde tel que le nôtre, ce qui se passe à l’autre bout de la planète a des incidences directes partout ailleurs. C’est pour cela qu’il est indispensable que Lyon, fidèle à sa tradition humaniste, joue pleinement son rôle auprès des régions du monde qui ont aujourd’hui le plus besoin de son soutien.
