Le 26 mars 1957 disparaissait Edouard Herriot.
Au fond, quand on évoque l'ancien maire de Lyon, c'est d'abord la figure du patriarche respecté mais un peu daté d'après guerre qui s'impose à l'esprit. C'est un peu vite oublier l'essentiel ! C'est-à-dire le jeune Maire de Lyon à qui Augagneur confie les clefs de la ville. Il n'a alors que 33 ans, mais très vite il va imprimer son style et ses idées.
Volontariste, il s'engage sur le plan économique et urbanistique avec la volonté de faire sortir Lyon de sa dimension de discrète ville de province. Il va être un Maire bâtisseur : nouveaux ponts, nouveaux abattoirs, nouveau port, lancement de la Foire de Lyon dont nous venons d'ouvrir la 89e édition, appui décisif à la création du barrage de Génissiat... Normalien, il donne une priorité à l'éducation : vaste programme de construction de groupes scolaires, réalisation du lycée du Parc, d'un conservatoire de musique, du stade de Gerland, création de bourses pour permettre aux élèves les plus méritants de l'école primaire d'accéder au secondaire.
Réformiste, il annonce dès son élection : « Ma municipalité sera sociale ou ne sera pas ». Les réalisations suivront. Il faut améliorer les conditions sanitaires ? Il construit un grand hôpital ! Les logements des ouvriers lyonnais sont insalubres ? Il lance un programme de logements sociaux dont Tony Garnier sera l'un des réalisateurs les plus prestigieux ! Il organise la prise en charge des orphelins, augmente le taux d'assistance aux vieillards, aide à la création de la Mutualité et de sociétés coopératives.
Bref, Edouard Herriot est tout entier au service de sa ville. C'est dans le prolongement de cet engagement municipal que va s'inscrire son projet politique pour la France. Une vie politique nationale à laquelle, une fois son ancrage à Lyon réalisé, il va consacrer toute son énergie jusqu'à ce qui sera l'apogée de son parcours politique : la présidence du conseil lors du Cartel des gauches.
Alors ce cinquantième anniversaire de la mort d'Herriot ne sera pas une de ces commémorations où l'on encense d'autant plus les hommes prestigieux, qu'on veut faire oublier les idées que défendaient ces hommes.
Ce sera l'occasion de redécouvrir un Maire à ce point lié à sa ville et à ses habitants qu'il déclarait lui-même « Je chérissais Lyon comme on aime une femme ! »