lundi 29 octobre 2007

Lyon, "Capital of Corporate Europe"

Avec Genève et Manchester, Lyon rejoint le club des métropoles économiques les plus attractives en Europe. A lire dans Business Week

Business Week vient de consacrer un article aux métropoles européennes les plus attractives. L’hebdomadaire américain s’appuie sur l’étude réalisée par le cabinet "Cushman et Wakefield" classant Lyon au 17e rang des métropoles européennes qui ont le plus d’atouts pour attirer les entreprises et les investisseurs.


C’est la première fois que nous obtenons une telle reconnaissance et que nous enregistrons, avec Genève, la plus forte progression parmi les 33 villes européennes retenues dans ce classement !

samedi 27 octobre 2007

Lyon, grand prix ville santé

Lyon vient de recevoir le grand prix ville santé du magazine Impact Santé. Une belle consécration pour notre ville qui mise aussi sur la recherche et la modernisation de ses hôpitaux

Avec un indice de vieillissement parmi les plus faibles de France et le 2e taux de natalité le plus élevé du pays les Lyonnais se portent bien ! C’est le constat du magazine Impact Santé qui classe Lyon en tête du palmarès santé des villes 2007 devant Paris, Besançon et Grenoble.

Je suis d’autant plus heureux que cet excellent résultat provient d’une enquête sérieuse qui s’appuie bien évidemment sur l’état de santé de la population, mais aussi sur la qualité de l’offre de soin des établissements, sur les facteurs environnementaux et sur le dynamisme des villes en matière de recherche et de modernisation de leurs hôpitaux.

Comme je l’ai souvent dit, la santé est au cœur du dynamisme lyonnais. D’ailleurs je ne suis pas surpris de ce classement. Il s’inscrit logiquement dans une montée en puissance globale de la ville. Pour la troisième fois consécutive, Lyon arrive 1ère métropole française de plus de 400 000 habitants pour l’attractivité économique.

Sur le même critère, un classement européen fait bondir notre métropole de la 24e à la 17e place. Un autre, enfin, la positionne 33e et non plus 99e en matière de tourisme international.

Il est vrai qu’à Lyon, la santé est un secteur en plein dynamisme sur lequel nous misons beaucoup pour l’avenir. Cela passe par la restructuration de nos hôpitaux avec un plan de rénovation très ambitieux des Hospices civils de Lyon. Cela passe aussi par une mise en synergie du monde de la recherche clinique et celui des entreprises comme nous le faisons dans un domaine comme l’infectiologie où Lyon excelle.

Mais se soucier de la santé de nos concitoyens, c’est aussi penser à leur quotidien, à leur cadre et à leur qualité de vie. La mise en place d’un réseau de proximité par le biais des maisons médicales de garde est un bel exemple de ce que les pouvoirs publics et les médecins libéraux peuvent entreprendre ensemble pour aider le système hospitalier à sortir de l’engorgement.

Mais pour moi, privilégier la santé des Lyonnais, c’est aussi construire une ville équilibrée qui mise sur la qualité de vie. D’ailleurs, là encore Lyon arrive régulièrement en tête des palmarès des villes où il fait bon vivre ! Ce qui à mon sens a forcément un impact sur la santé des habitants.



vendredi 26 octobre 2007

Alfred Ancel, figure du catholicisme social

Demain je dévoilerai une plaque en hommage à Monseigneur Alfred Ancel, une grande figure lyonnaise du catholicisme social

Alfred Ancel est né dans le confort d’une famille bourgeoise dont le nom à lui seul évoque un pan entier de la grande histoire industrielle de notre Cité : les usines de teinturerie en soie Vulliod-Ancel. Ancien élève des Chartreux, ce jeune patriote va vivre la Grande Guerre dans l’enfer des tranchées. Grièvement blessé, il reviendra à la vie avec au fond de lui une vocation profonde.

Après de brillantes études de théologie, ce jeune prêtre va alors rejoindre le séminaire du Prado, une communauté fondée au milieu du 19e siècle par le Père Antoine Chevrier dont l’action est toute entière tournée vers les plus pauvres. Alfred Ancel va donner un essor extraordinaire à cette grande famille spirituelle de notre Cité, la faisant rayonner aux quatre coins du monde.

Nommé évêque auxiliaire de Lyon après la nuit noire de la Seconde Guerre Mondiale, cet homme de foi va alors réaliser un parcours hors normes. Ouvert aux dialogue à l'égard de tous, il vécut avec une égale plénitude parmi les pauvres du Prado, enseigna la foi aux jeunes séminaristes des facultés catholiques, travailla à l’usine parmi les ouvriers de Gerland, contribua aux travaux du concile Vatican II, échangea avec des responsables politiques et des intellectuels de tous horizons.

En cela Monseigneur Ancel était l’héritier et le passeur d’une pensée sociale de l’église fortement ancrée dans la tradition lyonnaise. Une pensée qui a toujours recherché des solutions nouvelles pour construire un monde meilleur, d’égalité, de justice sociale, de solidarité, de fraternité et d’humanité.


mardi 23 octobre 2007

Plaidoyer pour nos grandes villes, et contre l’aveuglement de l’Etat


J’ai la conviction que, dans les grandes villes européennes, nous sommes dans une période où croissance et qualité de la vie se conjuguent

Il suffit de regarder une carte pour mesurer combien la croissance est aujourd’hui liée aux métropoles. C’est vrai en France où l’agglomération lyonnaise est celle qui connaît le plus fort développement économique. Ici, le nombre de création d’entreprises a augmenté de 20% entre 2001 et 2006, alors qu’il n’a augmenté que de 10% ne moyenne nationale. Avec 5 pôles de compétitivité, dont 2 à vocation mondiale, la région lyonnaise contribue à la croissance nationale.

Hélas, l’Etat semble retomber dans ses visions archaïques et négliger totalement les grandes villes qui sont pourtant les moteurs de la croissance française. C’est ainsi que l’Etat prévoit aujourd’hui, selon un scénario malheureusement confirmé par Mme Alliot-Marie à l’occasion de l’assemblée générale de l’Association des Communautés Urbaines de France, une baisse de 11% de sa dotation à ces collectivités (établissements publics doit-on encore dire) d’ici cinq années.

C’est incompréhensible. C’est l’expression d’un Etat replié sur ses modes de fonctionnement et de pensée ancestraux. Mon indignation est d’autant plus grande que l’Etat est aujourd’hui conduit par une équipe qui se veut largement réformatrice…

P
our faire progresser la France, il faut faire progresser les grandes agglomérations, et non réduire leurs moyens !



vendredi 19 octobre 2007

Demain sur France 3


Je serai demain l'invité de Paul Satis sur France 3 dans l'émission "La voix est libre". En direct à partir de 11h30.


mercredi 17 octobre 2007

A bicyclette !


J’ouvrirai demain matin le 17e congrès du Club des Villes Cyclables

Le choix de Lyon pour organiser le 17e Congrès du Club des Villes Cyclables s’est imposé comme une évidence. Il est vrai qu’en seulement quelques années, nous avons transformé les usages de la ville et hissé Lyon au premier rang des villes françaises adeptes de la petite reine.

Le fait que Lyon fut la première grande ville à proposer des vélos en libre service est évidemment pour beaucoup dans cette dynamique en faveur des déplacements doux. Et je dois dire que j’en retire personnellement une très grande fierté. C’était en mai 2005 et le succès est tel qu’il ne se passe pas un jour sans que l’on me parle de Vélo’V !

Avec une moyenne de 15000 utilisateurs qui empruntent quotidiennement un des 3000 vélos mis à leur disposition dans l’une des 250 stations sur Lyon et Villeurbanne, il est vrai que ça change une ville. D’ailleurs j’ai conscience des contraintes qu’un tel succès peut parfois engendrer. A chacun de respecter le partage de l’espace public et de se déplacer sans gêner les autres.

Ceci dit, chacun perçoit bien aujourd’hui la pertinence de ce mode de transport dans une grande métropole comme Lyon dont l’exemple a inspiré bien d’autres villes depuis en France et en Europe : Paris, Aix-en-Provence, Séville, Besançon, Marseille, Mulhouse et bientôt Dublin. Un mode parfaitement adapté aux nouveaux rythmes urbains et qui fonctionne dans une offre globale avec les Transports en Commun Lyonnais et le réseau régional des TER.

« Oùra » que vient de lancer la région Rhône-Alpes permet d’ailleurs de voyager sur tous ces réseaux avec une carte unique. Plus économique, plus pratique, ce dispositif répond pleinement aux enjeux de respect de l’environnement et de développement durable qui se posent aujourd’hui dans toutes les grandes aires urbaines.



lundi 15 octobre 2007

New York New York

J'annoncerai demain lors d'une conférence de presse avec le Président de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Lyon et les représentants de Delta Airlines, la prochaine ouverture d'une ligne aérienne directe entre Lyon et New York

La relance d'une ligne directe Lyon-New York est une excellente nouvelle pour le rayonnement international de notre métropole. C'est aussi une formidable récompense pour une initiative à laquelle je tiens beaucoup et que j'ai engagée de longue date avec le "Club des Entrepreneurs" pour l'avenir de notre aéroport Lyon Saint-Exupéry.

J'ai toujours pensé qu'une approche volontariste, réaliste et partenariale était nécessaire pour renforcer notre aéroport. Et chacun sait que la décision de rouvrir une ligne directe entre Lyon Saint-Exupéry et New York JFK ne s'est pas faite en un jour. Il a fallu un travail de longue haleine pour sensibiliser les opérateurs aériens et mobiliser les forces économiques de notre région autour des enjeux de développement de notre aéroport.

Ce travail de fond, nous l’avons engagé dès 2003 grâce au "Club des Entrepreneurs", un mouvement initié conjointement par le Grand Lyon et la CCI, qui fédère les grandes entreprises de la région lyonnaise. Ensemble nous avons multiplié les actions de lobbying en faveur de la réouverture d’une ligne aérienne entre la "Big Apple" et Lyon. Ce résultat est aussi le fruit d’un investissement du Grand Lyon sur le long terme avec une volonté forte de faire de Lyon Saint-Exupéry la 2e plateforme aéroportuaire de France.

Bien évidemment, cette ligne Lyon-New York y contribuera en même temps qu’elle ouvre de très belles perspectives pour les échanges entre nos deux régions de part et d’autre de l’Atlantique. Les enjeux économiques sont considérables pour notre territoire et pour les entreprises lyonnaises. Ils concernent aussi le tourisme en inscrivant Lyon dans le circuit nord-américain des destinations phares en Europe.

Tout cela permet de regarder l’avenir avec confiance quand on sait que l’aéroport de Lyon Saint-Exupéry s’ouvre dans le même temps aux vols « low cost » avec neuf destinations dès avril dont deux nouvelles, Berlin et Barcelone, dès ce mois d’octobre.

Je suis pour ma part tout à fait heureux. Car grâce à nos efforts, l’aéroport de Lyon Saint-Exupéry prend aujourd’hui toute sa place. C’est un signe fort du rayonnement international de notre métropole, de son attractivité touristique – et ce pour le tourisme d’affaires comme pour le tourisme d’agrément – et de son ouverture au monde.



dimanche 14 octobre 2007

Sport dans la Ville


En présence des joueurs de l'OL et des nombreux partenaires de l'association lyonnaise "Sport dans la Ville", nous avons ouvert hier "Campus", un tout nouveau centre de formation et d'insertion professionnelle par le sport. Une première en France


































Avec Juninho















1.275 m² de locaux, 600 m² de terrains sportifs pour des tournois sportifs et des activités d'orientation et d'accompagnement des jeunes





















jeudi 11 octobre 2007

Mort d'un visionnaire


Avec la mort de Roger Caille, Lyon perd un homme qui fut un de ses capitaines d'industrie les plus audacieux et un grand visionnaire. Pour ma part, je perds un ami

Roger Caille et moi avions sympathisé à l'époque où ce chef d'entreprise audacieux avait décidé de se lancer dans le mécénat sportif. Ce fut le d'abord le basket, un sport dans lequel il avait certes investi de son argent, comme sponsor de la Cro Lyon, mais aussi beaucoup de son énergie en montant Jet Basket.

Depuis ce temps-là, nous étions restés des amis. J'appréciais le sens de l'entrepreneuriat de ce patron hors normes. Un vrai humaniste qui aimait à rappeler ses origines modestes et dont j'avais su percevoir les très grandes qualités de cœur.

Jet Services, le groupe qu'il fonda en 1973, fut pionnier dans le transport express au service des entreprises. Le succès de cette aventure économique fit la fortune de Roger Caille qui avait un immense appétit pour tous les défis. Chacun a encore en tête les couleurs de Jet Services dans les plus grandes compétitions maritimes.

Depuis la revente de son entreprise en 1999, Roger Caille continuait à s'impliquer dans la vie de la Cité. Fondateur du Prisme, proche de plusieurs groupes de médias locaux et de la CCI de Lyon, il n'hésitait pas à donner ses conseils aux porteurs de projets nouveaux.

Certes, Roger Caille avait sa réputation. Celle d'un homme au caractère bien trempé, capable de pousser des coups de gueule légendaires ! Mais au fond, ceux qui comme moi ont eu la chance de le connaître, savent que c'était un personnage profondément humain qui aimait la vie.

Je connais bien sûr les liens extrêmement forts qui l'unissaient à sa femme et à ses enfants. Je pense à eux et à ses nombreux amis. Nous avons tous été bouleversés à l'annonce de son décès.


mardi 9 octobre 2007

Lyon en tête des villes qui ont l'esprit d'entreprise



Deux enquêtes importantes viennent de placer Lyon parmi les grandes villes les plus dynamiques et attractives sur le plan économique


D’abord, le magazine "L’Entreprise" qui, dans son numéro d’octobre 2007, classe Lyon en tête de son palmarès annuel des grandes agglomérations françaises de plus de 500 000 habitants pour leur attractivité auprès des entreprises. C’est la troisième année que Lyon est ainsi récompensée par cette première place très convoitée.

Le deuxième résultat dont je suis très fier est celui du cabinet "Cushman & Wakefield" publié hier qui fait progresser Lyon de 7 places parmi les métropoles européennes qui ont le plus d’atouts pour attirer les entreprises et les investisseurs. Seule ville française classée avec Paris, Lyon arrive désormais en 17e position. C’est la première fois que nous obtenons une telle reconnaissance et que nous enregistrons, avec Genève, la plus forte progression parmi les 33 villes européennes retenues.

Tout cela témoigne, bien évidemment, du dynamisme des entreprises lyonnaises. Je perçois aussi ces excellents résultats comme une récompense pour le mode de gouvernance économique que j'ai mis en place à l'échelle de Lyon et du Grand Lyon.

Une gouvernance unique en France que nous avons impulsée sous le label « Grand Lyon, l'esprit d'entreprise » qui associe les acteurs consulaires, le MEDEF, la CGPME, le monde universitaire et le Grand Lyon. Cette démarche innovante nous a permis de créer un environnement particulièrement favorable au développement économique de notre métropole.

L'obtention de 5 pôles de compétitivité, dont deux à vocation mondiale, a déjà largement confirmé la pertinence de cette stratégie qui vise à créer de la richesse et des emplois durables sur notre territoire. La création de dispositifs audacieux comme "Lyon Ville de l'Entrepreneuriat", le label unique "Université de Lyon" ou encore la démarche "OnlyLyon" sont autant d'atouts dont nous disposons aujourd'hui pour poursuivre et renforcer encore l'attractivité lyonnaise.

Ces deux classements publiés coup sur coup prouvent que notre métropole est engagée dans la bonne voie avec des infrastructures et des projets urbains ambitieux qui préfigurent la ville de demain, et une offre de bureaux parmi les plus compétitives d'Europe. Pour ma part, cette attractivité a toujours été au coeur de ma vision pour Lyon.

Et je compte bien continuer à faire demain de Lyon un territoire attractif, dynamique et porté sur l'innovation !




lundi 8 octobre 2007

Morts sans Toi(t)

Comme je le fais chaque année je participerai demain à la cérémonie des « Morts sans Toi(t) ». Un moment fort qui nous renvoie à notre propre humanité

Toute l’année le collectif « Morts sans Toi(t) » prend part aux funérailles des personnes seules ou démunies afin que dans notre ville nul ne soit inhumé dans l’isolement.

Lancé au printemps 2003 par le Conseil Lyonnais pour le Respect des Droits, ce mouvement citoyen a déjà permis d’honorer la mémoire de 320 personnes mortes dans le dénuement et la solitude. Je dois bien avouer qu’au début je n’avais pas tout à fait mesuré la valeur de cette démarche.

En fait, c’est en participant pour la première fois à une cérémonie des « Morts sans Toi(t) » à l’hôtel de ville, que j’ai été touché et pour tout dire, bouleversé, par cet engagement qui nous renvoie à notre propre humanité. Un message que je transmettrai demain à la quarantaine de bénévoles de ce collectif lyonnais dont l’action est un barrage dressé dans notre Cité contre l’oubli et l’indifférence.

Retrouvez toutes les informations sur le collectif Morts sans Toi(t) sur le site du CLRD.



jeudi 4 octobre 2007

De la poésie dans la ville


Mercredi matin, j’ai eu le plaisir de dévoiler le nouveau nom de la médiathèque de Vaise, en hommage à l’une des plus belles voix de la poésie française, Marceline Desbordes-Valmore

L’occasion, pour moi, de rappeler ses liens privilégiés avec notre Cité au moment de la révolte des Canuts ainsi que d’évoquer sa personnalité hors du commun, sa très grande liberté d’esprit, son humanisme, ses engagements pionniers en faveur des femmes et de la justice sociale.

Mais, pour moi, Marceline Desbordes-Valmore, c’est d’abord l’auteur de poèmes qui sont chers à mon cœur depuis mes années d’étudiant, puis de professeur de lettres. Ses poèmes ne m’ont jamais quitté. Il y en a certain que je connais encore aujourd’hui par cœur, et d’autres que j’avais oublié avec les années, et que j’ai redécouvert avec un très grand bonheur.

Ses vers, qui évoquent souvent la passion amoureuse, résonnent parfois comme des chansons douces et tristes qui me font penser à certains poèmes de Paul Verlaine que j’affectionne.

A la fin du discours que j’ai prononcé mercredi, j’ai voulu partager l’un des poèmes de Marceline Desbordes-Valmore que je préfère, et qui me procure toujours une profonde émotion. J’ai pensé que certains d’entre vous aimeraient le découvrir, ou le relire sur mon blog. Le voici, il s’intitule « Qu’en avez-vous fait ? » :

« Qu'en avez-vous fait ? Vous aviez mon cœur, Moi, j'avais le vôtre : Un cœur pour un cœur ; Bonheur pour bonheur ! Le vôtre est rendu, Je n'en ai plus d'autre, Le vôtre est rendu, Le mien est perdu ! La feuille et la fleur Et le fruit lui-même, La feuille et la fleur, L'encens, la couleur : Qu'en avez-vous fait, Mon maître suprême ? Qu'en avez-vous fait, De ce doux bienfait ? Comme un pauvre enfant Quitté par sa mère, Comme un pauvre enfant Que rien ne défend, Vous me laissez là, Dans ma vie amère Vous me laissez là, Et Dieu voit cela ! Savez-vous qu'un jour L'homme est seul au monde ? Savez-vous qu'un jour Il revoit l'amour ? Vous appellerez, Sans qu'on vous réponde ; Vous appellerez, Et vous songerez !... Vous viendrez rêvant Sonner à ma porte ; Ami comme avant, Vous viendrez rêvant. Et l'on vous dira : « Personne !... elle est morte. » On vous le dira ; Mais qui vous plaindra ? »


mercredi 3 octobre 2007

Les peines et les joies

La défaite hier de l’Olympique Lyonnais est un coup dur. Mais c’est dans ces moments là qu’une équipe a le plus besoin de ses supporters


J’étais hier soir à Gerland pour soutenir l’OL face aux Ecossais du Glasgow Rangers. J’aime le football. J’aime vivre ces moments intenses. D’abord, il y a cette ambiance chaude et électrique des grands soirs de Ligue des Champions, la plus prestigieuse des compétitions européennes. J'aime ces moments où tout un stade se retrouve derrière son équipe.

Puis il y a cette tension, extraordinaire, palpable sur le visage des joueurs des deux camps dès leur entrée sur la pelouse. Quand retentit le coup d’envoi commence alors le spectacle de ce sport incroyable où tout peut basculer d’un moment à l’autre, à la faveur d’un exploit collectif ou individuel. Au fond, je pense que si le foot est si populaire, c’est parce qu’il est à la fois d’une extrême exigence sur le plan sportif et qu’il est le théâtre de toutes les émotions, des peines comme des joies.

Hier soir, la peine l’a évidemment emporté dans le cœur des supporters qui comme moi rêvent de voir un jour Lyon décrocher ce grand titre européen. Ce coup-ci, la chance était du côté des Ecossais : trois occasions, trois buts. Dur pour l’OL qui n’a pourtant pas démérité. Loin de là ! Quoi qu’il en soit, c’est dans ces passes difficiles que l’on reconnaît la qualité d’un grand club. Sa façon de gérer les défaites, sa capacité à rebondir et à repartir vers de nouvelles conquêtes.

J’ai confiance dans l’OL. Ce club a largement prouvé ces dernières années qu’il était l’un des tout meilleurs d’Europe. J’ai confiance dans l’avenir. Car j’ai vu hier les supporters exemplaires soutenir leur équipe jusqu’aux dernières secondes de cette terrible soirée de Ligue des Champions : ça aussi, c’était un grand moment d’émotion…

Allez l’OL ! Allez Lyon !



lundi 1 octobre 2007

Lettre ouverte à la ministre du logement et de la ville

Voici la lettre ouverte que j'ai remise en main propre à la ministre du logement et de la ville, vendredi


"Madame le Ministre,

Alors que le Ministère du logement et de la ville rejoint la capitale après dix jours de décentralisation à Lyon, je me permets de vous faire part de certaines interrogations et suggestions quant aux propositions de l'État en matière de politique de l'habitat.

Je retiens des annonces fortes : 500.000 logements neufs à construire par an, dont 120.000 logements sociaux ; la mise en œuvre du droit au logement opposable ; la vente de 40.000 logements sociaux par an et la perspective de réorientation d’une partie des crédits du renouvellement urbain vers l’action sociale individuelle en direction des habitants des quartiers.

Augmenter le rythme de construction dans le pays, améliorer l’accès au logement des personnes en difficulté, permettre aux locataires HLM qui le souhaitent d’acheter leur logement, et accroître les aides aux personnes défavorisées des quartiers en « politique de la ville », constituent des orientations et des principes auxquels on ne peut que souscrire.

Je m'interroge sur les conditions de mises en œuvre de ces mesures. Vont-elles faciliter la solidarité, l'équilibre, la mixité sociale et la densité urbaine qui sont les objectifs que toute politique de l'habitat doit poursuivre, particulièrement dans les villes ?

La production de logements est un système complexe qui réclame des disponibilités foncières, nécessite que l’appareil de production des entreprises du bâtiment soit en capacité de répondre à la demande et exige la conformité aux règlements d'urbanisme, sans compter son financement.

Aujourd’hui, la production immobilière est en surchauffe. Nombre d’appels d’offre sont sans réponse ou infructueux, notamment pour ce qui concerne les maîtres d’ouvrage sociaux.

Augmenter la production de logement devra donc se traduire par des recrutements massifs dans un secteur peu prisé et par un effort de formation et de motivation pour attirer et retenir un personnel qualifié.

A supposer cette difficulté surmontée, où seront, demain, localisés les logements supplémentaires ?

Ils seront produits en priorité là où c’est le plus aisé et le moins onéreux de les construire. A savoir, dans les zones pavillonnaires des aires périurbaines de nos grandes agglomérations, et à proximité des friches industrielles des premières couronnes de nos villes, c’est-à-dire à côté de quartiers déjà essentiellement composés de logements à vocation sociale. Ce qui ne manquerait pas de favoriser l'étalement urbain. Ce serait contraire au développement durable dont notre pays veut faire une priorité.


"Redonner une attractivité aux quartiers en difficulté..."

Par ailleurs, je veux croire que cette accélération de la production de logements se fera au bénéfice du logement social. Mais, la croissance des objectifs et des crédits de l’État pour sa production, inscrit dans la loi relative au droit au logement opposable, aussi légitime soit-elle, risque de rester sans effet. Vous n'êtes pas sans savoir que l’État et la Caisse des Dépôts ne financent plus que 60 à 70 % d’un logement et que les autres financeurs, les organismes HLM, le 1% logement et les collectivités locales, sont souvent au maximum de leurs possibilités et ne pourront pas augmenter leur contribution à concurrence de celle de l'État.

Plus inquiétant le cumul des trois autres objectifs gouvernementaux risque de réduire à néant les efforts menés par l’ANRU, les organismes HLM et les collectivités pour recomposer la ville et redonner une attractivité aux quartiers en difficulté.

Si l’application du droit au logement opposable qui doit permettre à nombre de nos concitoyens en situation précaire de pouvoir prétendre à un logement social, ne peut qu’emporter l’adhésion sur le plan des principes, il est crucial d’examiner les conditions de sa mise en œuvre.

Le nombre de demandeurs susceptibles d’obtenir une décision de justice favorable dépassera d’au moins dix fois la capacité du contingent réservé au préfet pour le logement des personnes défavorisées. Par répercussion, c’est l’ensemble de l’offre d'habitat social qui sera mise à contribution. Et, à n'en pas douter, principalement là où elle est le plus abondante, c’est-à-dire dans les grands quartiers inscrits en politique de la ville. Outre le fait que cette loi risque de mettre en concurrence ses bénéficiaires et les demandeurs ordinaires de logements sociaux, les efforts de diversification qui commencent à porter leurs fruits seront largement contrecarrés par les effets pervers du système.


"Répondre aux attentes des grandes agglomérations..."

Quant à demander aux communautés urbaines ou aux communautés d’agglomération délégataires des aides à la pierre de prendre la responsabilité du droit au logement opposable, je suis persuadé que cela amènerait le retrait de ces établissements de coopération intercommunale. Pourtant, elles sont aujourd’hui nombreuses à s’être engagées dans un effort important dans la construction de logements sociaux.

Je m'interroge sur la proposition certes attirante d’une « France des Propriétaires ». L’exemple américain peut nous montrer que, si pour atteindre cet objectif, nous devions accepter une dérégulation des contraintes, en fait protectrices du système bancaire français, nous risquerions de connaître de sévères désillusions, surtout dans un contexte où la croissance ralentit. Par ailleurs, pour vendre 40.000 logements sociaux par an (soit 1 % de l’offre au plan national), comme le souhaite le Président de la République, il faut en réalité en proposer à la vente entre 200 et 300.000, autant d'habitations qui ne seront plus proposées à la location.

Ceci ne manquera pas de renforcer la pression sur les ménages les plus fragiles. Vous êtes allée en Espagne récemment, et je crois que nos voisins espagnols, qui sont propriétaires à plus de 80 %, vous ont dit qu’ils enviaient notre secteur locatif, qui permet l’installation des jeunes ménages. Dans un contexte de crise du logement social et intermédiaire, la cohérence de la démarche sera difficile à assurer.

Enfin, je m'alarme de voir les projets de renouvellement urbain en cours de préparation ou d’instruction à l’ANRU reconsidérés à la baisse, alors que nous sommes à peine au milieu du gué. C’est l’ensemble de notre politique de rééquilibrage des agglomérations qui sera remis en cause, alors qu'elle commence à porter ses fruits et que les quartiers reprennent une attractivité qu’ils avaient perdue depuis longtemps.

Toutes les initiatives réclament attention dans leur réalisation. Or, le projet du gouvernement ne semble pas répondre aux attentes des grandes agglomérations. C'est pourquoi, Madame le Ministre, par des discussions constructives, nous pourrions réfléchir à des amendements à apporter pour mieux mettre en cohérence les dispositifs d’État avec les objectifs de développement local et les besoins des populations.

En ce sens, je vous propose d'étudier trois pistes de réflexions partagées par nombre de mes collègues responsables de grandes agglomérations.


1/ Mieux articuler politique nationale et stratégies locales

Par exemple, on constate une diversité considérable des coûts de production du logement social à travers le territoire national, que les seuls mécanismes de marché ne peuvent pas expliquer. C’est pourquoi il faut revoir les clés de répartition des enveloppes de financement entre régions, les rendre lisibles et associer à leur définition les communautés délégataires. Plus largement, les élus locaux doivent être entendus pour la définition des objectifs de la politique du logement au plan national, sur le plan tant quantitatif que qualitatif. La production de logements, sociaux ou pas, fait l’objet d’engagements des communautés urbaines, d’agglomération ou de communes dans leurs programmes locaux de l’habitat. Il convient que les objectifs qui découlent des plans nationaux soient accordés, au cas par cas, avec ceux des PLH ; par exemple pour ce qui concerne la vente de logements sociaux.


2/ Elaborer une politique du financement du logement social plus ciblée

Les aides fiscales au logement sont souvent mal calibrées par rapport aux marchés locaux. Nous demandons que les règles d’attribution de ces avantages fiscaux puissent être fixées au niveau local, en fonction de la réalité observée. Ou si ce n’est pas possible, que la dépense soit réorientée vers d’autres systèmes à objectif social réel. La Communauté urbaine de Lyon et beaucoup d’autres ont été volontaires pour prendre la délégation des aides à la pierre de l’État. Elles l’ont fait dans un contexte où la solidarité nationale permet de faire face à la différence entre les prix de marché constatés localement et la capacité contributive réelle des ménages. Si celle-ci n’était plus garantie, cela pourrait remettre en question leur engagement


3/ Renforcer la capacité des communautés de communes à piloter les politiques locales

Pour cela, une véritable réforme des moyens de l’État au niveau local doit être engagée, pour qu’il puisse continuer à jouer son rôle de garant de la solidarité nationale. La délégation des aides n’est pas un transfert pur et simple, et nous ne le souhaitons pas.

Des dispositifs d’observation allant du local vers le national doivent en outre être mis en place. En tant que collectivité délégataire, nous souhaiterions une mise à disposition sans contrainte des bases de données nationales pour ce qui concerne nos territoires. Ces éléments devront servir à alimenter des observatoires locaux.

Dans ce cadre, il serait souhaitable d'élaborer une comptabilisation nationale des apports directs et indirects des collectivités locales en matière de logement, par type de collectivité, et de définir un cadre de référence de traitement de ces données statistiques et financières.

Madame le Ministre, je sais votre volonté que le logement devienne une grande politique nationale sur toute la chaîne. Je sais également votre conviction que seule l’action cohérente conjuguée de tous les niveaux de la puissance publique et de tous les acteurs permettra d'atteindre ce but que nous avons en commun. Sachez, que nous sommes tout disposés à y contribuer."